Doufelgou, le comble de l’incivisme : le non respect des mesures barrières anticovid tourne au drame

Inadmissible!!! La violence gratuite provoquée par Niamtougou et Koka dans la préfecture de Doufelgou le samedi dernier ne peut trouver aucune justification quelle qu’elle soit. Gonflées par des pulsions belliqueuses, les populations de ces deux localités ont décidé d’en découdre coûte que coûte avec les forces de sécurité anticovid (Fosap) déployées pour faire respecter les mesures barrières à l’occasion de la fête traditionnelle « Sant’m ». Bilan, un mort, 17 blessés dont 13 dans le rang des éléments de la Fosap, et des dégâts matériels importants.

C’est en prévention à un tel débordement que des jours avant cette fête traditionnelle, le préfet de Niamtougou a rencontré chefs traditionnels et cadres de la préfecture afin de les sensibiliser sur la nécessité d’organiser les festivités à venir dans le strict respect des mesures barrières édictées par le gouvernement contre le covid 19.Si les autres localités ont mis un point d’honneur à respecter les consignes, Niamtougou et Koka ont tout simplement opté pour la rébellion.

Leurs populations lancent les festivités dans un mépris total des mesures barrières. Dispersées dans un premier temps, elles replient, remontent au front en un nombre plus conséquent, une foule estimée à 3000 personnes, et posent des barricades en vue d’empêcher la descente des forces de sécurité. Celles-ci lancent un nouvel assaut, mais sont vite envahies. Dans leurs tentatives de repousser les « ennemis » pour se dégager, une grenade lâchée, va accidentellement atteindre l’abdomen d’une personne âgée. Evacuée rapidement à l’infirmerie de base chasse de Niamtougou, elle succombe finalement à ses blessures. D’après le ministre de la sécurité, Damehame Yark, certains habitants étaient porteurs d’armes blanches.

Au registre des dégâts matériels, deux véhicules de la police ont été endommagés, et une maison en paille incendiée. Un incivisme fort déplorable qui doit être combattu par tous les moyens en cette période où l’ennemi commun reste l’invisible virus qui se propage en toute vitesse, et capable de décimer les populations si des dispositions drastiques ne sont prises. L’Etat, dans ses prérogatives régaliennes qui l’engagent à protéger la population contre tout ce qui ce peut porter atteinte à la santé publique, ne peut être sauvagement combattu.

Faut-il le rappeler, le 16 juin 2020, dans un communiqué conjoint, les ministres de la Culture et de l’Administration territoriale ont interdit les regroupements pour la célébration des fêtes traditionnelles.

« Les regroupements pour la célébration des fêtes traditionnelles sont interdits jusqu’à nouvel ordre », indiquait la note.

« Les différents rites seront exclusivement réalisés dans chacune des familles concernées par l’édition 2020 des cérémonies ancestrales », précise le texte, tout en insistant sur le strict respect des mesures barrières au cours de ces rites.

Bien dommage que Niamtougou et Koka s’affichent comme des cités hors-la-loi.

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