L’Anc, le phénix qui veut renaître de ses cendres

Jour anniversaire. Le 10 octobre est une date particulière pour le parti politique Alliance nationale pour le changement (ANC). C’est le 10 octobre 2010 en effet, qu’au cours d’un congrès tenu après la présidentielle de mars 2010, des dissidents du parti Union des forces de changement (UFC) portent le nouveau parti sur les fonts baptismaux. C’est à juste raison que Jean-Pierre Fabre et les siens choisissent la même date pour une rentrée politique après une historique raclée à l’élection présidentielle de février 2020. En cette occasion, l’ANC tient un Conseil national à Lomé pour rallumer le flambeau de la lutte pour l’alternance.

Cette fameuse alternance activement et âprement recherchée par le parti depuis dix ans est restée jusqu’aujourd’hui un voeu pieux, une illusion, du fait de l’inefficacité ou de l’inadéquation des stratégies pour la conquête du pouvoir par les urnes. L’ANC a remporté de maigres victoires sans parvenir à la victoire suprême.

Avant la création de ce parti, Jean-Pierre Fabre, porté par le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) et une partie du bureau national de l’UFC, récolte à sa première compétition électorale (présidentielle 2010) 692 584 voix soit 33,9% des suffrages exprimés. Sous la bannière de l’alliance « Combat pour l’alternance politique » (CAP 2015), il engrange à la présidentielle de 2015, 731 230 voix soit 35,19%. Entre-temps, le parti pour des raisons dénuées de tout réalisme politique, choisit de boycotter les élections législatives de décembre 2018, tout comme nombre de partis politiques de l’opposition radicale.

Avant de se mobiliser énergiquement pour les élections municipales de juin 2019. Là, Unir rafle 920 sièges sur les 1527 à pourvoir dans les 117 communes, l’ANC s’en sort, non sans peine, avec 132 sièges, et Jean-Pierre Fabre élu maire de la commune Golfe 4 qui comprend notamment les quartiers de Kodjoviakopé, Amoutivé, Adawlato et Hanoukopé.

Entre boycott des législatives pour abandonner le parlement aux bons soins du parti Unir et la participation aux municipales, l’ANC et Jean-Pierre Fabre perdent toute crédibilité, les populations jugeant incohérente cette manière hasardeuse de faire la politique.

La sanction ne tarde pas à tomber. A la présidentielle de 2020, l’éternel dauphin, Jean-Pierre Fabre de l’ANC va connaître une déculottée mémorable, arrivé 3è avec 116 336 voix soit 4,68% des suffrages, derrière Faure Gnassingbé (70,78%) et Agbeyome Kodjo (19,46%). C’est sur ces cendres que l’ANC, tel le phénix, va tenter l’opération résurrection à partir du Conseil national du 10 octobre prochain. Vivement…

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