Aéroport de Lomé/Société togolaise de handling : bienvenue dans la dictature et l’enfer de l’arrogant DG Ayeva Mahrouf

Plus de 50 heures de travail par semaine sans primes d’heures supplémentaires, abus d’autorité, licenciements abusifs, harcèlement sexuel, traitements dégradants et inhumains, menaces de mort, restrictions de la liberté d’expression, des avantages supprimés, impossibilité de discuter avec l’employeur…, bienvenue dans la dictature et l’enfer de la Société togolaise de handling du très arrogant et condescendant directeur général Ayeva Mahrouf.

 

La Société togolaise de handling, créée par décret en avril 1997, est un acteur-clé de la plateforme aéroportuaire de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma (AIGE). Elle a pour mission d’assurer l’ensemble des opérations au sol dont un aéronef a besoin en temps « t » dans une escale (débarquement et embarquement des passagers, bagages, fret et poste) et dans le respect des normes standards de sûreté et de sécurité. Ces opérations concernent entre autres, l’enregistrement des passagers, l’enregistrement des bagages et du fret; l’embarquement et le débarquement des passagers, des bagages et du fret; le magasinage du fret et de toutes les opérations d’import et d’export.

Les 300 employés qui constituent le personnel sont utilisés comme des bêtes de somme pour tenir avec brio le cahier de charges de cette société aux exigences extrêmes. Ceux-ci s’échinent, malgré les risques permanents et la dangerosité des tâches à exécuter, à s’acquitter de leurs obligations au quotidien dans un environnement de travail alourdi par la cruauté des premiers responsables qui excellent dans la violation des droits des travailleurs.

Licenciements abusifs

Pour un i ou un a, l’employé est tout simplement viré en toute illégalité. Les derniers exemples récents, un agent d’exécution a été remercié pour le simple fait qu’après sa vacation, complètement fourbu, il n’a pas accepté d’être retenu pour continuer le travail.

« Il a fait sa vacation de 15h à 23h, à sa descente, sans avertissement préalable, on lui annonce qu’il est de permanence. Il a répliqué qu’il ne s’est pas préparé pour ça, et ne peut donc tenir la permanence. Le DG a ordonné son licenciement. Difficilement on te laisse partir lorsque ton heure sonne », se plaint, terrorisé, un employé.

En plein covid, trois agents (un agent d’opération et deux placeurs avions) sont licenciés courant juillet juste parce qu’ils ont pris des bavettes destinées au respect des mesures barrières édictées par le gouvernement. Poursuivis en justice pour un paquet de cache-nez, le procureur de la République a jugé inconvenante la condamnation de ces employés pour ce chef d’accusation aussi banal en cette période où la sensibilisation pour le port des masques est devenu l’exercice quotidien des gouvernants.

Nonobstant cette sentence de l’autorité judiciaire, le cruel et insensible DG Ayeva Mahrouf les a licenciés.

« Quand tu veux insister dans la réclamation de tes droits, tu es viré sans préavis, le directeur général se comporte comme le tout-puissant sur terre, il n’a d’égard et de pitié pour personne.Si Faure dirigeait ce pays comme ça, tous les Togolais seraient déjà en exil », tacle un autre employé.

Surexploitation

A la société togolaise de handling, la martyrisation et la surexploitation des employés sont érigées en système de gestion des ressources humaines. Le travail s’enchaîne de jour comme de nuit, sans week-ends, ni jours fériés avec deux jours de repos par semaine.

«Avant, c’était un seul jour par semaine, c’est grâce aux tapages médiatiques qu’on a obtenu un jour de plus en 23 ans d’existence de la société. Mais le DG Mahrouf s’active à ramener le un jour de repos par semaine», précise un employé.

Les vacations se multiplient, pouvant couvrir des heures et des heures, lesquelles ne sont jamais payées. Un employé de la société togolaise de handling, contrairement à tous les textes en vigueur au Togo, peut être exploité plus de 50 heures par semaine sans majoration de salaire.

« Regardez par exemple, quelqu’un fait une vacation de 7h à 15h et la même personne remonte à 00h pour descendre à 5h du matin et revenir encore à 17h pour descendre à 22h ou 23 h, vraiment c’est un calvaire. », fustige un employé.

« Nous n’avons pas de primes de risques, pourtant à chaque formation on vous martèle que travailler autour d’un aéronef est une activité à hauts risques », râle-t-il.

Harcèlement sexuel

Le directeur administratif et financier de la société, le sieur Talkpeti Wiyao, est l’autre tortionnaire des employés. Ou il menace de mort ou il harcèle sexuellement. Il tourne toujours en dérision les réclamations des employés pour une meilleure condition de vie et de travail.

Quand les délégués du personnel réclament les meilleures conditions de travail, il se plaît à leur rappeler qu’ils ne sont que de simples portefaix et n’ont rien à réclamer. Il ne fait pas que ça. Il est réputé pour être un prédateur sexuel qui met un point d’honneur à harceler les employées de la société. Ce qui lui a valu récemment un séjour de quelques jours dans les locaux de la direction centrale de la police judiciaire.

Le comble, il a la bénédiction du directeur général qui le couvre dans ses dérives et dépravations. Le sieur Talkpeti se targue d’être un protégé de l’actuelle ministre des Armées, sa cousine, et clame haut et fort que personne ne peut rien lui faire. Est-ce cette dame, Marguerite Gnakade, qui a intervenu pour le tirer d’affaire lors de son interpellation pour harcèlement sexuel, beaucoup se le demandent.

L’enfer Ayeva

Travailler autour d’un aéronef est dangereux, mais les employés de la société togolaise de handling bravent au quotidien tous les dangers, et s’appliquent avec habileté et virtuosité pour que l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma tienne son haut rang. Leurs efforts, noyés dans le mépris et le dédain du directeur général, Ayeva Mahrouf, à la tête de cette société depuis 11 ans, doivent interpeller les autorités compétentes, de même que les organisations de la société civile préoccupées par le respect des droits de l’homme dans les lieux de travail.

C’est Ayeva Mahrouf, gonflé et énivré par son salaire mirobolant avoisinant les 3 millions cinq cent mille, avantages et primes non inclus, qui est venu fermer la cantine des employés et ne donne même pas de compensation liée à la cantine. Toutes les gratifications de fin d’année prévues par les textes de la société ne sont plus d’actualité à l’ère Ayeva.

Alors que le chiffre d’affaire annuel de la Société togolaise de handling dépasse largement celui de toutes les autres sociétés de la plateforme aéroportuaire, ses employés sont les plus minablement payés. Contacté par notre rédaction pour avoir son avis sur cette batterie de griefs portés contre sa personne, le DG Ayeva Mahrouf, dissimulé dans sa tunique d’orgueil et perché sur son escabeau d’arrogance, nous assène à la figure :

« Je n’ai rien à dire », avant de nous raccrocher sèchement au nez.

Bref, la société togolaise de handling, est devenue le goulag privé de Ayeva où sont massacrés des centaines de togolais qui ploient sous le faix de la dictature, leurs cris de douleur étouffés . Jusqu’à quand?

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